João Vilhena

João Vilhena, Vues Hystéréoscopiques (détail), 2012

Biographie

Né le 29 avril 1973 à Beja (Portugal) I Vit et travaille à Nice.

Expositions personnelles

A venir : Mai/Juin 2012 – Plutôt comme un soupçon que comme une certitude, SAFFIR galerie nomade Marseille
 
2011 Deux lunes à l’autre, Galerie Alberta Pane Paris
2010 Il n’y a pas de mot comme équivalent, SAFFIR galerie nomade, marseille
2009 Retards en Boucle, Galerie CompleX, Marseille, à l’occasion de l’ouverture des ateliers d’artistes (Ass. Château de Servières, Marseille).
Fidalgo !, Maison abandonnée – Villa Cameline, Nice.
2008 Prestissimo, Galerie Sainte-Réparate, Nice.
2007 Je ne cherche pas…, Galerie du tableau, Marseille
2001 Celui qui voit doit toucher, Galerie Agnès Scotto, Mouans-Sartoux.
1999 Vitrine des Ateliers, Musée d’Art Moderne et d’Art Contemporain, Nice.
 
 Expositions collectives
2012 Bête et méchant, une proposition de Vincent Mesaros, Galerie The Window, Paris
          Tout doit disparaître, une invitation de Katia Feltrin à Vincent Mesaros, Atelier des Vertus, Paris
2011 Ici Nice, Commissariat Stéphanie Marin, Les Abattoirs, Nice
         Ryhmänäytelly, commissarait David Ancelin, Macumba Night Club, Nice
2010 Blow up, Galerie Alberta Pane, Paris
2009 Traits Noirs (Moo Chew Wong et ses invités), Musée des Beaux-Arts, Nice, Commissariat Villa Arson, Nice.
Paysage urbain, Armandat, Barjols.
2008 Alleretour, commissariat Emmanuel Régent, Galerie RX, Paris.
2007 Uqbar, improbables géographies d’un no man’s land, comissariat Le Labo, L’Atelier Soardi, Nice.
Images, flux/reflux, avec Jeanne Susplugas, Pierre Bendine Boucar et Frédéric Clavère, Centre d’Art Contemporain, Istres.
2006 Cabinet névrotique, commissariat : South Art-Le Labo, Maison abandonnée – Villa Cameline, Nice.
Cabinet névrotique, commissariat : South Art-Le Labo, Maison abandonnée – Villa Cameline, Nice.
Orange Mécaniques : avec Frédéric Clavère, commissariat : Le Labo, L’Atelier Soardi, Nice.
2005  Low Tech, commissariat : Le Labo, Salle Temps Réel, Villa Arson, Nice.
Vinyl, commissariat : Le Labo, Maison abandonnée – Villa Cameline, Nice.
Cabinet érotique, commissariat : South Art, Maison abandonnée – Villa Cameline, Nice.
2004  Errer la nuit, commissariat : EVA, Bar le Wagram, Nice.
2003 Prémio Rothschild de Pintura, (4e prix), Banque Rothschild, Lisbonne.
D. Fernando II, VII edição, Galerias Municipais, Sintra.
Lee 3 Tau Ceti Armory Show, Centre National des Arts Plastiques, Villa Arson, Nice.
2001 Jolie attaque pour perdre, commissariat : Ben et La Station, Espace des Arts, Colomiers.
Artissima, foire internationale d’art contemporain, stand du Centre Culturel Français, Turin.
XVIIe Biennale méditerranéenne, Galerie de la Marine, Nice.
2000 L’art est un sport de haut niveau, Galerie Alain Couturier, Nice.
1996 49F90, commissariat : La Caisse, Nice Fine Arts, Nice.
1995 Nice by Night 2, parcours nocturne dans des appartements privés, Nice.

Collection

Banque Rothschild, Lisbonne.

Formation

1998  Diplôme National Supérieur d’Expression Plastique, Villa Arson, Nice.
1995  Diplôme National d’Art Plastique, Villa Arson, Nice.

João Vilhena, Série “Traque illustrée”, Crayon de couleur, mine de plomb et feutre gouache sur papier, 42 x 29,7 cm, 2010

 

“Les dessins de João Vilhena tendent à une certaine monomanie tant son sens du détail et son habilité pourraient y confiner. Trompe-l’œil, tricherie avec le réel, mise en scène d’une certaine réalité, technique du dessin poussé à l’extrême… Catherine Macchi, dans un texte intitulé “Ardoises et fausses notes”, datant de juin 2003, parle de duplication du monde par l’artiste.

Il est bien question de cela chez João Vilhena lorsqu’il entreprend de dessiner non seulement un motif sur une feuille blanche, mais aussi la feuille sur laquelle ce dernier se trouve dessiné. Dessin dans le dessin, fenêtre qui en ouvre une seconde… sur un monde imaginaire fait de papier où les métaphores se renvoient les unes aux autres. Donner à voir le support en le représentant en trompe-l’œil ; le montrer sans le montrer tant la technique habile cache cet effort. Il serait facile de passer à côté, de ne pas voir le trompe-l’œil. Un regard trop rapide ou pas assez curieux pourrait induire ce type de lecture ou plutôt d’absence de lecture des dessins de João Vilhena. Ce qui en soi n’a pas vraiment d’importance. Le principe du trompe-l’œil est d’être un genre “modeste” qui s’efface derrière sa propre dextérité et c’est un risque que l’artiste accepte. João Vilhena est un faussaire habile de la réalité qui défie jusqu’au bout de son crayon les sens du spectateur. Il amène son regard vers tel ou tel détail qui vont lui faire percevoir le jeu du trompe-l’œil. Car l’artiste joue. Il s’amuse dans le choix de ces motifs, inclut des dessins cachés. Empreinte, fausse empreinte, papier et faux papier, dessins, faux puzzle, faux sac Vuitton (doublement faux donc) se trouvent représentés dans ces dessins. Représentation du monde, duplication de ce dernier, jeux avec la réalité… Mais qu’est ce que la réalité ? Kant estime que la réalité n’est rien d’autre que ce qui apparaît, une manifestation sensible ; elle est d’ordre phénoménale, la chose en soi étant inconnaissable. Ainsi, du fait de cette dissociation, la réalité n’est pas la vérité. Les dessins de João Vilhena jouent avec cette idée de vérité qui n’est pas la réalité dans chacune des ces œuvres. Il met en abîme un monde de faux-semblants et pousse le spectateur à s’interroger sur la nature de ce qu’il voit.

Le trompe-l’œil est comme le dessin, un peu désuet mais infiniment charmant. Et pourtant, il y a plus qu’un côté “charmant” dans l’œuvre de João Vilhena. “Il n’y a pas de mot comme équivalent” ne sera pas exactement une exposition “charmante”. Elle le sera certes, mais elle ne se limitera pas à cela ! Le titre de cette exposition interroge comme peut le faire le travail de l’artiste. Il s’agit d’une citation d’un artiste célèbre, parvenue incomplète et rendue anonyme qui évoque en apparence un jeu de mots. “Il n’y a pas de mot comme équivalent” fait écho à la pratique du trompe-l’œil par l’artiste, mais aussi aux jeux de langage et d’esprit dont il use pour titrer ses oeuvres, comme par exemple :

- “dessins habiles” en écho à sa maîtrise technique ainsi qu’à la dimension mélancolique de sa pratique (entendre par là «dessins à bile»),

- “retards en boucle” en référence à la boucle que réalise une aiguille d’horloge et à la notion duchampienne de retard,

- “dessin placebo” mettant en parallèle le travail cathartique de la pratique artistique et la notion du Beau, ici  représentés sous forme d’un trompe-l’œil d’ordonnance médicale.

Jeux de mots qui, là aussi, réfèrent à cette notion de vérité ou de réalité dont l’œuvre de l’artiste traite sans relâche à travers cette technique parfaitement maîtrisée du trompe-l’œil et du dessin, se plaçant ainsi dans une posture insolite à l’heure du tout numérisable. Car ici le trompe-l’œil n’est pas une fin en soi mais plutôt un dispositif invitant le regard : À vous de jouer !”

Lydie Marchi, juin 2010

João VILHENA, Série “Dessins habiles”, Crayon de couleur, mine de plomb et feutre gouache sur papier, 42 x 29,7 cm, 2010

João VILHENA, Vue hystéreoscopique, Crayon de couleur, mine de plomb et feutre gouache sur papier, 42 x 29,7 cm, 2010


 

João Vilhena, Peinture habile, huile, acrylique et teinte spectro Zolpachrome glycéro sur toile à matelas, 150 x 110,5 cm, 2009

” J’ai amorcé cette année une série de tableaux qui met en scène des figures de petites filles posant avec leur chien. Ces images à l’esthétique surannée proviennent de vieilles cartes postales des années 60. Je suppose que ce qui m’a intéressé dans ces clichés était le lien amoureux que l’on pouvait imaginer entre les deux personnages. Dans les peintures qui en sont nées, j’ai repris un certain nombre d’éléments appartenant au vocabulaire que j’ai mis en place depuis quelques années. La différence essentielle avec les travaux précédents est que, cette fois-ci, j’essaie de faire face à la peinture (un peu comme si je prenais le taureau par les cornes). Cette posture frontale à la toile n’est pas envisagée sans ironie si l’on considère que toutes les figures qui s’y trouvent sont légèrement anamorphosées induisant de la sorte une certaine obliquité du regard.
La figure du chien m’a intéressé pour plusieurs raisons : d’abord parce c’est un symbole de la fidélité dans la peinture classique, mais aussi parce que le caractère anxieux de l’animal en fait un avatar de la bile noire chez les anciens (cf. Patrick Dandrey, Anthologie de l’humeur noire, écrits sur la mélancolie d’Hippocrate à l’Encyclopédie, éd. Gallimard, 2005). On parle du chien comme de la créature la plus proche de l’Homme. On en parle aussi comme d’un être intelligent. On vente encore sa capacité à comprendre et à se faire comprendre tout en n’ayant pas le don de la parole. Dans ces travaux, j’essaie de faire du chien le symbole de la peinture même dans le rapport imaginaire que j’édifie entre langage canin et langage pictural.
Les petites filles, j’ai essayé de les traiter à la façon d’un Bouguereau ou d’un Millais (peintres pompiers du XIXe). Bien sûr, le résultat est plutôt raté, mais cela m’a permis de m’approcher d’un rendu de peau assez marbré et bleuté qui renvoie ces fillettes à un entre deux… J’ai essayé d’ailleurs de ne pas leur donner d’âge. Elles ont des traits de caractère à la fois d’enfant, de femme et de femme âgée à travers leurs vêtements, leur coiffure, la couleur de leurs cheveux.
Si cette série portait un nom, elle pourrait s’appeler « peinture habile ». Il s’agit ici, pour moi, de continuer à explorer la question de la mélancolie. Bien entendu, mon but n’est pas de faire une peinture « noire » mais, plus précisément, d’essayer de mettre en marche les mécanismes atrabilaires de la représentation.“ JV

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